L'espace du malheur, série composée de 5 dessins et d'un texte, encre sur papier, 65x50cm, 2016

 

Je fais des points

Ces points sont des secondes, des minutes, des heures

Ces points sont des jours, des semaines, des mois

Ces points sont des années

 

Syrie

 

5 années que cette guerre-là dure

60 mois

260 semaines

1 820 jours

43 680 heures

2 620 800 minutes

157 248 000 secondes

 

C’est le temps abstrait d’une guerre que nous ne pensons pas nôtre

 

            Je fais des points

Ces points sont des millions d’obus lâchés

Ces points sont des milliards de balles tirées

Ces points sont des morts, un nombre incalculable de morts

 

Des morts que nous ne voulons pas nôtres

 

Je fais des points

Parmi ces points, des corps en creux se dessinent

Les corps de celles, de ceux, qui vivent encore

Les corps de celles, de ceux, qui luttent encore

Des images de la Syrie, d’une Syrie en guerre

 

Une guerre que nous ne faisons pas nôtre

 

Avec le dessin, je pointe

L’Indochine. L’Algérie. La Bosnie. La Tchétchénie… Hier

La Palestine. Le Liban. La Birmanie. La Colombie… Aujourd’hui encore

Le Soudan. Le Yémen. L’Afghanistan. Le Mali. La Libye. L’Irak. L’Ukraine… Aujourd’hui toujours

 

Et demain

Demain toujours des guerres, les mêmes guerres, la même guerre, notre guerre

 

Ou bien demain la vie, notre vie, qui vaut autant là-bas qu’ici.

« L’espace du malheur est un espace que nous devons envisager,

en définitive, à l’échelle de l’humanité tout entière »

 

Alain Badiou

Notre mal vient de plus loin - Penser les tueries du 13 novembre 2015

 

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now