Troisième mue, dessin performatif à 4 mains en collaboration avec Marion Viot 

Encre sur papier, 160x110cm, 2013-2014

 

 

Nous décidons de répéter chaque jour le même geste: faire des traits ou « des poils » jusqu’au recouvrement total de la surface, 10 mètres par 1 mètre 50 au final. Isolés, le geste comme le signe n’ont pas de sens, ils sont absurdes. C’est dans l’assemblage de tous ces traits que le dessin prend vie. Notre pratique se mue en un acte performatif. Notre geste est sec, nerveux, il est aussi contraignant et ennuyeux. En notant chaque jour notre heure d’arrivée et notre heure de départ, nous nous imposons de voir passer le temps, de l’éprouver physiquement et mentalement. Notre travail est répétitif, presque obsessionnel au même titre que celui effectué sur une chaîne industrielle. Mais chez nous, il n’y a ni utile, ni profit.
La culture moderne marquée par la science opère techniquement sur les choses et les êtres afin d’en tirer toujours plus. Ici, il importe de faire le chemin inverse en retournant à la création par la pratique de la durée. Cette oeuvre est un condensé de temps et c’est par ce temps même qu’elle nous offre sa présence à la densité si particulière.

 

 

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